"You say you want a revolution...Well, you know, we all want to change the world..."The Beatles
Bonjour tout le monde!!
Tout d'abord, je tiens à m'excuser d'avoir quelque peu délaisser ce blog ces derniers temps. La fin du semestre à été complètement dingue; je crois bien que j'ai dû dormir 5 jours entier pour rattraper mes heures de sommeil passées à réviser. Après ça, le grand-père d'Adam est décédé et nous sommes allés dans le Wisconsin aux funérailles. Tout cela ne m'a laissé que peu de temps pour écrire.
Mais enfin, voici quelque chose auquel j'ai pris part il y a quelques semaines: guerilla gardening. Explication:
Tout à commencé le semestre dernier lorsque j'ai pris le cours: "Geography through contemporary world issues" avec Michael Marchman (l'homme avec le t-shirt blanc sur la photo) le semestre dernier. Ce cours à complètement changé ma vision du monde et m'a fait comprendre à quel point je ne savais rien et avais tort sur le peu que je savais.
J'ai appris que le capitalisme remontait très très loin, j'ai appris ses implications: la colonisation, "le progrès", l'esclavage, les guerres, la destruction de la planète, la globalisation (et ce que ça peut représenter), l'enrichissement de quelques personnes au détriment de population entières, la manipulation des médias etc etc etc... Toute chose que je sais maintenant, ma famille avait compris depuis longtemps et tentait de m'expliquer.
Résumer en quelques lignes 6 mois de cours, de livres lus et documentaires regardés est tout simplement impossible (je viens d'essayer pendant deux heures), alors je vais choisir la solution de facilité et vous dire que pendant ces cours, nous sommes allés sur le site: www.democracynow.org, avons recherché Naomi Klein et regardé "the economic shock therapy: the economy of disaster captalism". Mais aussi le documentaire d'Al Gore "An inconvenient truth" (je suis sûre qu'on peut le trouver en français). Egalement, sur le site: www.freedocumentaries.org, où on peut regarder des documentaires gratuitement et en un clic, nous avons vu les films :"Orwell rolls in his grave" sur la manipulation des médias, "life and debt" sur les implications du libre échange pour les pays pauvres (dans ce cas là, la Jamaique), "Globalization: New rulers of the world"; et plein d'autres... Nous avons lu "the no-nonsense guide to globalization", "the no-nonsense guide to terrorism", "the no-nonsense guide to democracy", et "World hunger, 12 myths". Je serais heureuse de prêter ces livres à quiconque serait interressé. Ne vous laissez pas faire par les choses qui peuvent paraitre spécifiques aux Etats-Unis, beaucoup de choses sont applicables a la France.
Tout cela à réveillé en moi un sentiment profond d'injustice et un besoin de réagir et faire quelque chose. J'ai donc passé beaucoup de temps avec mon prof à parler de ce qu'on pouvait faire, de ce qui pouvait être fait dans l'immédiat, et à une échelle individuelle. Car tout cela me paraissait très grand: énormément de choses a changer sous beaucoup d'angles différents; et, dans mon enthousiasme naïf, je voulais tout changer. Je voulais commencer une révolution où je ne sais quoi d'autre qui changerait radicalement l'ordre des choses et rendrait justice aux pauvres et aux opprimés. J'espère ne jamais perdre cet enthousiasme, même dans le cynisme de la vieillesse. Mais force m'a été de reconnaître que je n'étais pas un super héros.
Mon prof m'a alors parlé du mouvement auquel il avait pris part et qui était un pas en avant, simple, et faisable par tout le monde; mais encore assez peu connu des gens de ma génération: "guerilla gardening" ou "community gardening".
Ce mouvement consiste à faire des jardins -ou plutôt des potagers- dans les lieux publics, majoritairement les parcs. Ces jardins sont maintenus par et pour le voisinage environnant. Alors, en quoi est-ce qu'un jardin peut-il bien être utile?
Tout d'abord, une des sources majeures d'émission de dioxyde de carbone aux USA vient de la transportation; à titre personnelle, mais aussi à titre commercial. Chaque jour, un nombre incalculé (surement pour des raisons politiques) de camions énormes en provenance du Mexique, du Chili, ou de la Californie (suivant la saison), transporte des fruits et légumes dans nos supermarchés. Avoir nos propres jardins élimine cette transportation.
Ensuite, une autre source du réchauffement de la planète vient de la transformation des forêts et autres terres sauvages pour l'agriculture et l'élevage. Profiter d'un endroit déjà transformé et le faire nôtre, réduit l'abattage des endroits sauvages.
De plus, la production de masse profite aux multinationales et à une dizaine de personnes qui s'enrichit grassement, sur le dos des cultivateurs Mexicains, chiliens (etc) obligés de cultiver pour un marché d'export, aux dépends d'une culture pour leurs propres besoins. Lié bien sûr également aux importations de produits de moins en moins chers; leurs propres produits ne pouvant faire concurrence. Faire son propre potager dit à ces compagnies qu'on à pas besoin d'elles, c'est un combat contre ce système.
Il s'agit également de montrer que même en zone urbaine, les espaces publics peuvent être repris par les gens à des fins qui servent nos besoins; et que nous pouvons vivre en communauté.
C'est donc ainsi qu'à la fin du mois d'avril, nous avons construit un jardin vers chez moi. J'avais un peu d'appréhension parce que bon, c'est quand même illégal et comme je ne connais pas mes voisins... Je voulais commencer petit parce que je ne savais pas si ils seraient réceptifs ou pas. Mais j'ai parlé à pas mal de gens aux alentours depuis, et tous, absolument tous, étaient très contents et voulaient prendre part au jardin. Ce qui m'aide beaucoup étant donné que je 'y connais rien du tout. Nous avons plantés des salades, des concombres, des tomates, des poivrons verts et jaunes et des herbes. Je pense que nous pourrons bientôt faire un autre jardin à côté de celui-ci vu l'enthousiasme des gens...
Mon prof en avait déjà construit une dizaine dans sa ville de Lexington, dans le Kentucky. Certains ont très bien marchés, d'autres sont morts. Mais grâce à ça, il s'est construit un réseau de gens et d'amis qui sont intéressés à la cause et ils font beaucoup. Par exemple, ils organisent des festivals pour "la paix et la justice" ou toutes les organisations caritatives qui le souhaitent peuvent venir récolter des fonds, ou recruter des volontaires, sur fond de musique et autres jeux. Je suis allée au dernier festival qu'ils ont organisé et il y avait beaucoup d'organisations pour différentes causes. Beaucoup portaient sur l'Afrique (construction d'écoles, aides aux orphelins, aux malades du sida...), certaines étaient plus locales et portaient sur la construction de pistes cyclables par exemple... C'était super de voir que beaucoup de gens, partout, se battent pour de bonnes causes.
Mon prof à également rassemblé les élèves d'NKU (ma fac) qui souhaiteraient faire des jardins sur le campus. Pour l'instant, nous sommes une trentaine, avec quelques personnes réellement actifs. C'est difficile, car la société qui nous vends la bouffe sur le campus à protesté que ça allait contre leur contrat de monopole sur les ventes de nourriture. Ce qui nous à encore plus enragés.
Nous sommes donc en train de penser à venir le faire pendant la nuit, à l'automne, quand les cours auront repris. J'ai bon espoir que nous allons être plus nombreux dans l'avenir et actifs dans tout Cincinnati. Nous avons également plein d'autres idées de parrainages d'enfants et autres campagnes pour des vélos. Je sais que tout cela peut paraitre logique aux Français qui ont déjà des vélos dans beaucoup de villes et qui sont habitués aux transports en commun. Mais c'est très facile quand c'est la mairie qui fait tout cela pour nous; c'est beaucoup moins simple quand l'administration n'est pas de notre côté.
Fort heureusement, c'est de moins en moins le cas ici aussi. Oh! non par bonté, mais grâce aux protestations des citoyens, et aussi sûrement parce qu'il y a des sous a se faire dans le "green mouvement." Bien entendu, si cette conasse d'Hillary Clinton ne se retire pas de la course pour laisser Obama faire sa campagne; il y a de fortes chances pour que Mc Cain soit élu et que tout ces efforts soient réduits à néant ou deviennent encore plus difficile. Mais je m'écarte du sujet...
Il va sans dire que tout cela sont des choses faisables en France également; bien que peut être moins importants puisque nous avons beaucoup de marchés locaux.
Mais je suis sûre qu'il y a d'autres choses à faire pour aider, si ce n'est l'environnement, d'autres causes toutes aussi importantes.
Do it yourself...







